Principes de projet
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À l'instar de Zelinski, de Fox ou des diverses « lois » relatives au travail, il est judicieux de disposer d'une liste de principes ou de formules à portée de main. À consulter de manière occasionnelle afin de prendre du recul lors d'une situation difficile durant l'exécution d'un projet. La fonction de directeur de projet peut parfois sembler solitaire. Il peut être avantageux de se référer à une liste concise de principes directeurs dans de telles circonstances. Je vous présente ma liste, qui m'a été d'une grande utilité à de multiples reprises. Réalisez la vôtre. |
- Ne perdez pas de vue les « pour quoi » pour les « comment ». Concentrez-vous sur les objectifs. Déléguez.
- Vous restez comptable de ce que vous déléguez. Définissez explicitement l'autonomie accordée pour toute délégation et restez en support.
- Faites participer l'ensemble des acteurs de votre projet, de votre équipe, ce sont eux qui ont les réponses les plus pertinentes, les plus pragmatiques.
« Si l'on interroge bien les hommes, en posant bien les questions, ils découvrent d'eux-mêmes la vérité sur chaque chose. » Platon. - On n’analyse pas la complexité par simplification, mais par organisation. Organisez.
- La pensée complexe est autant un art d'exécution que de décision. Décidez et agissez.
- Le système de pilotage (organisation et règles) doit être à la hauteur du système piloté (complexité du projet). Dirigez.
- Considérez la gestion de projet comme un outil d'aide à la décision plutôt que comme un processus à respecter scrupuleusement. Sortez du cadre.
- Il faut se nourrir de la complexité au lieu de la combattre. Réfléchissez.
- Priorisez avec des analyses du type Pareto. Focalisez-vous sur l'essentiel.
- Pour faire au plus court, faisons au plus clair : éclairons la complexité. Clarifiez et communiquez.
- Seule la représentation de la réalité nous est accessible, jamais la réalité elle-même ! Représentez les situations en plus de les décrire.
- Les éléments essentiels pour la transmission d'une idée sont la modélisation et la représentation. Communiquez intelligemment. Synthétisez.
- La complication est souvent un refus de faire face à la complexité de la réalité. Soyez réaliste, acceptez la complexité.
- La recherche de la complétude n’est pas nécessaire, ni même souhaitable. De plus, vous risquez de passer du complexe au compliqué. Le « mieux » est souvent l'ennemi du « bien ».
- Passez de l’inter-face à l’inter-action et à l’inter-dépendance. Créez un système d'acteurs.
- Pas de méthode, c'est l'anarchie, trop de méthode casse l'initiative. Adaptez vos méthodes.
- Arrêtez de croire tout savoir, de porter des jugements immédiats, d'avoir des certitudes inébranlables. Pensez que la réalité est toujours plus complexe qu'il n'y paraît.
- Plus il y a de risques communs à plusieurs acteurs, plus vous augmentez la reliance de votre projet. Reliez les acteurs.
- Ne confondez pas l'aléa (l'imprécision) avec le risque (l'incertitude).
- Les risques ne sont pas par nature sommables. Ne confondez pas provision et risque.
- Un évènement risqué, bien qu'incertain, peut être prévisible et doit être traité par l'anticipation (maitrise du risque « classique »). Un évènement relevant de l'imprévision ou de la force majeure n'est pas prévisible mais doit être traité dans sa caractéristique propre (imprévisibilité, cause extérieure…) de façon conventionnelle (contractuelle). Pour les évènements chaotiques, une démarche progressive et flexible doit être envisagée afin de maintenir le maximum de possibilités d'actions ultérieures (la maitrise du risque de manière « classique » est inopérante).
- N'abusez pas de cette nouvelle drogue constituée par certains outils technologiques qui peuvent entrainer « une confusion entre utiliser un outil de communication et communiquer ». Si vous commencez à ressentir les premiers symptômes de ce mal, redonnez de la durée à vos réflexions avant de communiquer.
- Ne tombez pas dans la contradiction intrinsèque de « la passion de l'action ».
- Avant l'arrivée sur le « terrain », le mode (l'attitude à adopter) « réflexion/action» est prépondérant; sur place, le mode «écoute/ré-action » doit être prédominant sans toutefois supprimer le mode réflexion/action.
« Qui parle sème; qui écoute récolte. » Pythagore - Distinguez bien qui décide, qui est responsable et qui a le pouvoir.
- Prenez au sérieux le problème de l'erreur humaine dans l'environnement complexe, à tous les niveaux: management, exigences, conception, développement, exploitation, maintenance. Il y a de loin beaucoup plus d'erreurs que de complots.
- Faites beau en plus d'utile, vous ne le regrettez jamais. La majorité des individus estiment que l'art de faire beau prend du temps : et si vous avez pris le temps, c'est que ce qui est exposé est certainement de qualité et fiable. Alors que faire beau ne nécessite pas autant de temps que vous l'imaginez.
- Négociez dès le départ les règles mêmes de la négociation et assurez-vous à tout moment, dans la mesure du possible, de la volonté de conclure des acteurs.
- L'essence de la négociation est de donner aux parties concernées l'occasion et uniquement l'occasion d'échanger des promesses. Négocier, ce n'est pas s'engager. Contracter, c'est s'engager.
- Toute négociation se fonde essentiellement sur le degré de confiance qui existe entre les parties. Considérez les caractéristiques culturelles des négociateurs.
- À chaque moment de la négociation, posez-vous la question: « So what ? » (et alors ? Qu'est-ce que cela fait si/sinon? Quel est le problème si/sinon?). Évaluez à tout moment les réelles conséquences de vos choix/concessions. Vérifiez que vous n'attachez pas trop d'importance à ce que vous cédez par rapport à ce que vous pouvez gagner.
- Commencez par négocier des points d'accord faciles. Montrez votre envie d'aboutir ensemble.
- Ne soyez jamais pressé, avec certaines cultures (asiatique, moyen-orientale…) c'est vu comme de l'arrogance et crée automatiquement de la méfiance. Observez, comprenez la culture, testez les relations d'abord. Faites-vous aider pour les aspects culturels.
- Soignez la forme de vos propositions, commencez toujours par lister vos conditions avant de potentiellement céder sur un point (si... alors je cède...) si vous faites l'inverse, (je cède… si…), vos interlocuteurs n'entendent pas la fin de votre proposition et prennent pour un acquit inconditionnel votre renoncement.
- Soyez FLEXIBLE (savoir maintenir l'échange et suivre de nouveaux trajets), la seule limite à la flexibilité est l'éthique.
Effet Zeigarnik:
- Ne pas se laisser démoraliser par les tâches interrompues ou non accomplies, penser à celles déjà réalisées.
Loi de Blaauws:
- Une technologie établie tend à persister malgré l'apparition de nouvelles technologies.
Loi de Booker:
- Dix grammes d'abstraction valent des tonnes de bricolage.
Loi de Douglas:
- Dossiers et documents s'entassent jusqu'à remplir l'espace disponible pour leur rangement.
Loi de Klipstein:
- Les défauts n'apparaissent qu'après que le programme a passé avec succès la phase d'intégration.
Loi de Murphy:
- Rien n'est aussi simple qu'il y parait; chaque chose prend plus de temps qu'on le croit; ce qui peut de se détraquer se détraquera.
Loi de Pareto:
- 80 % des effets (de la valeur, des résultats…) sont provoqués par 20 % des causes (des articles, du travail…).
Loi de Parkinson:
- Le travail « se dilate » jusqu'à remplir la durée disponible pour son accomplissement.
Quelques lois de Zelinski:
- La vie est difficile, certes, mais en comparaison de quoi ?
- La prédiction de vos propres échecs peut faire de vous un grand prophète.
- Les gens ordinaires sont capables d'actions extraordinaires.
- Le succès instantané est une invention des contes de fées et des romans et des films de pacotille.
- La connaissance est imparfaite sans l'action connexe.
- Il faut savoir prévoir l'imprévisible, car notre seule certitude est l'incertitude.
- L'excès de sécurité comporte un risque.
- Les réalisations les plus difficiles laissent les meilleurs souvenirs.
- Temporiser, c'est se maintenir à jour avec hier.
- La connaissance livresque ne garantit pas nécessairement le succès dans la pratique.
- Le temps vaut beaucoup plus que l'argent, alors faites-en bon usage.
- Ne surestimez jamais votre capacité à changer les autres.
- Fuyez à toutes jambes les personnes négatives.
- Au contact d'un groupe de perdants, on en devient bientôt un.
- Discuter avec un sot, c'est faire preuve de sottise.
- La meilleure façon d'impressionner les autres, c'est de s'abstenir d'essayer.
- Ne vous sentez pas visé personnellement; vous n'êtes sans doute pas la seule victime.
- Admettez vos erreurs et vous en commettrez moins.
- Avoir raison à tout prix, c'est comme être un héros mort : il n'y a aucun avantage.
- Les gens intelligents posent des questions stupides.
- Mis en perspective, la plupart de vos ennuis vous paraîtront insignifiants.
- Pour obtenir quelque chose, il faut le demander.
- Si l'argent n'est pas votre serviteur, c'est qu'il est votre maître.
- L'opinion des autres à votre égard importe moins que la vôtre.
- La perfection est le refuge des idiots.
- La réussite au travail ne compense pas un échec au foyer.
Quelques lois de Fox:
- Ne rapportez pas de travail à la maison.
- Prenez toujours vos vacances.
- Surinvestissez dans les hommes.
- Accordez-vous une heure de réflexion par jour.
- Ne vous laissez pas décourager par les tueurs d'idées.
- Votre famille est votre client n°1.
- Demandez-vous toujours quel intérêt a votre client à faire affaire avec vous.
- Mettez l'accent sur le produit, pas sur le papier.
- Montrez la chaîne et vendez le premier maillon.
- Ne laissez jamais votre supérieur commettre une erreur.
Formule de la valeur de la qualité :
- SQ + SF = VQ. Le Système Qualité + le Savoir-Faire = la Valeur de la Qualité. Augmenter le système Qualité ne veut pas forcément dire augmenter la Qualité.

